Comment installer une ferme solaire sur un terrain agricole ?
Qu’ils souhaitent s’inscrire dans la transition énergétique ou qu’ils cherchent de nouvelles sources de revenus, les agriculteurs et les propriétaires fonciers sont de plus en plus nombreux à s’intéresser à l’énergie solaire. Les terrains agricoles, souvent vastes et bien exposés, représentent un atout majeur pour accueillir une ferme solaire. Ce type de projet est idéal pour diversifier ses revenus tout en participant activement à la production d’électricité verte.
Cependant, installer une ferme solaire sur un terrain agricole ne s’improvise pas. Entre la réglementation foncière, les études techniques et les démarches administratives, il s’agit d’un projet complexe qui demande une planification rigoureuse. On vous guide pas à pas dans ce projet pour vous aider à valoriser au mieux votre foncier.
Sommaire
1.Qu’est-ce qu’une ferme solaire ?
Une ferme solaire désigne un ensemble de panneaux photovoltaïques installés au sol dans le but de produire de l’électricité. Cette électricité est ensuite injectée sur le réseau et revendue à un fournisseur d’énergie, selon un tarif fixé par contrat sur une durée de 20 à 30 ans.
Contrairement à l’installation de panneaux sur un hangar ou un bâtiment agricole, la ferme solaire repose sur des structures métalliques ancrées directement dans le sol. Ce type de projet nécessite donc une autorisation d’occupation des sols et une compatibilité avec le plan local d’urbanisme (PLU) de la commune.
Les surfaces mobilisées varient selon la puissance souhaitée : un parc photovoltaïque de 1 hectare peut accueillir entre 4 000 et 5 000 m2 de panneaux, pour une puissance d’environ 1 MWc (mégawatt-crête). Les fermes solaires agricoles peuvent également être installées dans une logique d’agrivoltaïsme, pour permettre aux agriculteurs de combiner production d’énergie et maintien d’une activité agricole sur leur terrain.
1.1 Les conditions pour installer une ferme solaire sur un terrain agricole
Tous les terrains agricoles ne sont pas automatiquement éligibles à une installation photovoltaïque au sol. En effet, la réglementation française souhaite préserver au maximum la vocation agricole des sols. Les restrictions sont donc nombreuses.
Avant de se lancer dans un projet de ferme solaire sur un terrain agricole, il est indispensable de vérifier plusieurs critères :
- La nature du terrain et son classement : le terrain doit être situé en zone agricole (zone A) ou naturelle (zone N) dans le PLU. L’installation de panneaux y est strictement encadrée et souvent réservée aux projets justifiés par un intérêt agronomique ou environnemental.
- L’ensoleillement et l’orientation : un terrain plat, bien exposé au sud et sans ombrage est préférable pour maximiser le rendement énergétique des panneaux solaires.
- L’accès et la topographie : la proximité d’un point de raccordement au réseau électrique et la facilité d’accès pour les travaux sont des critères déterminants pour garantir la faisabilité du projet.
Vous trouverez dans cet article plus de renseignements concernant ce qu’il est possible de faire sur un terrain agricole.
2. Les étapes clés pour installer une ferme solaire sur un terrain agricole
Tout projet d’installation d’une ferme solaire suit un processus précis qui comprend plusieurs phases. Ces étapes permettent de garantir la viabilité technique, économique et réglementaire du projet.
2.1 L’étude de faisabilité et l’évaluation du potentiel solaire
La première étape consiste à réaliser une étude de faisabilité. Celle-ci est généralement confiée à un bureau d’études spécialisé ou à un opérateur photovoltaïque.
Cette analyse technique prend en compte la superficie disponible, l’orientation, la pente, la qualité du sol et la proximité du réseau électrique. L’objectif est d’évaluer la puissance potentielle de l’installation, les coûts de raccordement et le rendement attendu sur 20 à 30 ans.
L’étude inclut également une analyse environnementale afin d’identifier les éventuelles contraintes écologiques : zones humides, habitats protégés, etc. Ces éléments sont indispensables pour constituer le dossier de demande d’autorisation.
En parallèle, le propriétaire peut se rapprocher de sa mairie pour vérifier la compatibilité du projet avec le PLU et anticiper les démarches administratives.
2.2 Les démarches administratives et réglementaires
Installer une ferme solaire sur un terrain agricole nécessite plusieurs autorisations, dont certaines peuvent prendre plusieurs moins à obtenir.
La plus importante est le permis de construire, qui est obligatoire pour toute installation photovoltaïque au sol dépassant 3 kWc. Ce permis est instruit par la mairie, mais il implique souvent une consultation de la Direction Départementale des Territoires (DDT) et, dans certains cas, une étude d’impact environnemental.
Lorsque le projet est situé sur des terres agricoles, la Commission Départementale de Préservation des Espaces Naturels, Agricoles et Forestiers (CDPENAF) doit être saisie. Elle vérifie que le projet ne compromet pas durablement la vocation agricole du site.
Enfin, le raccordement au réseau électrique doit être validé par le gestionnaire local (Enedis ou un opérateur équivalent). Cette étape technique détermine la puissance réellement exploitable et le coût du raccordement, souvent conséquent.
2.3 Le financement et la signature d’un contrat d’achat d’électricité
L’étape suivante est celle du financement du projet. Les investissements nécessaires pour une ferme solaire varient selon la puissance installée, mais ils se chiffrent souvent entre 500 000 et 1 million d’euros par mégawatt-crête (MWc).
Deux modèles économiques sont possibles :
- Le propriétaire du terrain agricole finance lui-même le projet, éventuellement avec des partenaires. Il devient alors producteur d’énergie et perçoit directement les revenus issus de la vente de l’électricité.
- Il loue son terrain agricole à un opérateur photovoltaïque, qui finance et exploite la ferme solaire en échange d’un loyer annuel fixe.
Cette deuxième option est très prisée par les propriétaires fonciers, car elle ne nécessite aucun investissement au départ et garantit un revenu stable pendant 20 à 30 ans. Les loyers versés varient généralement entre 2 000 et 4 000 € par hectare et par an, selon la localisation et la rentabilité du site.
3. L’essor de l’agrivoltaïsme pour allier production agricole et production solaire
L’installation d’une ferme solaire peut totalement s’inscrire dans une démarche d’agrivoltaïsme. Ce concept consiste à associer production agricole et production d’énergie solaire sur la même parcelle.
L’agrivoltaïsme repose sur l’installation de panneaux solaires surélevés qui permettent la poursuite d’une activité agricole en dessous. Cette activité doit cependant être compatible avec les conditions spécifiques qui sont imposées par la présence des panneaux solaires, notamment en termes d’ombrage.
Cette approche innovante permet ainsi de valoriser les terrains agricoles sans les soustraire à la production. Elle séduit de plus en plus d’exploitants qui souhaitent allier rentabilité et durabilité.
Les propriétaires ne souhaitant pas installer une ferme solaire sur leur terrain agricole ont tout de même la possibilité de produire de l’énergie solaire en installant des panneaux solaires sur la toiture de leur hangar agricole.